L’écrivain Max Lobe se confie

Il fait partie des auteurs africains les plus connus de la Suisse romande. Son deuxième roman, 39 rue de Berne, a reçu de nombreux prix comme celui du roman des Romands, qui correspond en France au Goncourt des lycéens. Il fut l’année dernière, l’invité d’honneur du salon du livre de Montréal au Canada, aux côtés de la célèbre romancière Katherine Pancol et de l’académicien, Dany Laferrière.

 

Bonjour et merci  d’avoir accepté de répondre à nos questions. Qui est réellement Max Lobe ?

Max lobe que je suis, est un camerounais né et grandi à Douala. Jusqu’à très récemment, avant que je ne reparte au Cameroun, je ne connaissais que Douala et Yaoundé. Je me suis bien rattrapé maintenant en faisant le tour du Cameroun, pour m’approprier ce pays que je connaissais très mal, même si j’avais vécu là bas jusqu’à l’âge de dix huit ans, avant de m’envoler pour la Suisse.

 J’écris, c’est vraiment mon activité, je suis romancier de profession et je tourne autour des lettres, c’est à dire j’organise des performances littéraires, des soirées de lecture, etc. Pour les camerounais qui me liront, je ne sais combien de fois je vais leur répéter que je ne suis pas Douala, je suis Bassa. Mon village se situait avant dans la circonscription de la Sanaga-maritime, mais maintenant il est dans la Dibamba.

Vous avez eu un prix au mois de Janvier de l’année dernière, pouvez-vous nous parler de cette récompense ?

Le roman des Romands, c’est à dire le roman en tant que livre, des Romands, habitants de la Suisse romande.  C’est un prix qui est décerné par sept cent étudiants environs, âgés entre 16 et 20 ans, des jeunes qui se veulent assez indépendants et conscients des choix qu’ils font.

Qu’est-ce que ça fait quand on défend la littérature africaine dans un pays comme la Suisse ?  

Je ne peux pas encore dire que je suis l’ambassadeur de la littérature africaine en Suisse, mais je tends vers ça et ça me fait énormément plaisir. Je voudrais bien pouvoir représenter le Cameroun et l’Afrique en général, faire tomber certains clichés et certains murs, parce que finalement on se ressemble beaucoup.  Nous sommes des êtres humains avec beaucoup de similitudes dans les sentiments : la jalousie, l’égoïsme, etc.

Chacun de nous à sa propre conception ou définition de la culture. Et vous, comment la définissez-vous ?

 La culture c’est un gros vase dans lequel de plus en plus on met de tout et du n’importe quoi. Dans la culture on parlera de la pointe de l’iceberg, c’est souvent ce qui est le plus vu. C’est ce qui est le plus visible. La langue par exemple : le Bassa, le Bamiléké, l’Ewondo, le Djoula, le Walof, etc.  c’est aussi la danse, les chants, les contes, les façons de faire et de s’exprimer. Tout ceci sont les parties visibles, mais il y a aussi quelque chose de beaucoup plus profond dans la culture, c’est finalement ce que nous sommes profondément, notre façon de penser, vivre et concevoir la vie .

Un message pour Ama Tutu Muna, ministre de la culture du Cameroun ?

Il faudrait  davantage introduire des livres d’auteurs camerounais dans le cursus scolaire. C’est la meilleur façon de faire lire les écrivains camerounais par les camerounais.

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