Tribune Libre : le pauvre, le plus riche de Clément Zongo

le pauvre, le plus riche de clément zongo

Tribune Libre : le pauvre, le plus riche de Clément Zongo

Il y a des richesses vides de bonheur, il y a des bonheurs sans joie, il y a des joies qui ne procurent pas de plaisir. Il y a des pauvres dignes qui se résignent là où les autres rechignent, en attendant le chant du cygne. Il y a des larmes qui brûlent de l’intérieur sans éclabousser le sourire qui trompe l’extérieur, juste pour rassurer. Entre celui qui a connu la faim et côtoyé la soif et celui qui n’a jamais été sevré de rien, la vie n’a pas le même goût, le même sens. Il y a toujours une leçon à tirer du vécu et les plus pétris se sont forgés entre le marteau et l’enclume. Le minus repu crésus se vante de ses bonus tout en crachant dans la paume du démunis sans aumône. La richesse est une faiblesse quand elle ne rend pas service à l’homme en détresse. L’opulence est une souffrance quand elle n’est qu’exubérance et indifférence. On ne peut pas être riche et vivre loin des autres, on ne doit pas être riche et oublier les autres. A quoi bon avoir un réservoir d’avoir sans pouvoir se faire le devoirs de partager des pourboires aux âmes en déboire. A quoi sert l’argent du riche, s’il triche et se fiche du pauvre qui se niche au pied de sa tour ? A quoi cela sert-il d’avoir le monde à ses pieds si notre destinée est à six pieds sous terre ? Tu partiras un jour nu et dépourvu, sans la moindre aiguille, sans la moindre pièce de monnaie, sans aucune propriété.

Au Pays des hommes intègres, il y a des gens qui abusent de la veuve et l’exproprient de sa demeure pour bâtir des duplex qui vexent au nom des textes. Avec la complicité de la robe, ils dérobent le fruit du pauvre et se dérobent entre les mailles d’une justice factice. Il y en a qui ont fait de l’héritage des orphelins sans pain leur butin de prédilection, sous le regard larmoyant des ayants-droit sans voix. Que dire de ces milliardaires «cinq étoiles» qui ont troqué la vie d’un fils, d’une épouse ou d’un frère, froidement sacrifiés sur l’autel démoniaque du paradis terrestre ? De jeunes bras valides se ruent et se bousculent au portillon du gourou, faiseur de rois et de riches, en échange d’une progéniture tuée dans l’œuf, en échange d’un orteil gangréné et incurable, en échange d’une vie plus courte mais bien remplie de bonheur amer et de plaisirs souillés. Si seulement on pouvait rire du pire, mais ne versons pas dans le délire !

Au pays des Hommes intègres, il y a des gens bien-pensants et conscients remplis d’intelligence, qui font saigner le pauvre pour se délecter de sang-froid du sang de l’âme sacrificielle. C’est trop artificiel et c’est même véniel, car ils ont fait pire. Ils vivent avec nous, ils marchent avec nous, ils prient même avec nous, ils se prosternent avec nous, mais ils prient un autre Dieu, pour être mieux que le ‘‘pauvre pieux’’ qui perd son temps à crier un Dieu ‘‘bon’’ ‘‘invisible’’ et ‘‘taciturne’’. Chacun est libre de se frayer son chemin, peu importe les excuses, les subterfuges et autres refuges centrifuges ; chacun choisit sa voie, avec ou sans foi, selon les lois d’un univers de revers où le pervers le dispute avec le sicaire. A chacun son presbytère ! A chacun son enfer!

Toi, tu es de quel côté de l’histoire ? A quel pan de l’étang es-tu accroché ? Penses la vie et fais-toi une ligne de conduite. N’oublie pas que tu es libre à l’infini, mais retiens que toute liberté finit quand elle n’a pas de limite. Vis ta vie, chaque jour comme si c’était le dernier, mais prends le soin de regarder toujours derrière toi, sans complaisance. Les bonnes réponses ne se trouvent pas toujours dans les causes anodines des choses ; elles se cachent surtout dans la dynamique d’une perpétuelle remise en cause de soi et de nos choix. Et la valeur d’un choix ne se trouve pas dans le poids du choix. On peut porter sa croix avec joie et garder la foi sans le moindre effroi, sans jamais avoir froid. Mais encore faut-il que tu y crois ! Parce que cette terre n’est que l’antichambre du voyage…

Clément ZONGO,

www.sidwaya.bf

 

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